Nous sommes dans la nuit du 17 juin 2022.
Le dernier projet de Drake, Certified Lover Boy, n’est disponible que depuis quelques mois lorsque le rappeur canadien publie par surprise son septième album studio : Honestly, Nevermind.
Un projet aussi surprenant par son contenu que par son lancement sans annonce. Fini les longues campagnes promotionnelles et les teasers interminables : cette fois, Drake laisse parler la musique. Mais au-delà de la manière dont il est dévoilé, c’est surtout ce que renferme cet album qui marque une rupture.
Une prise de risque inattendue
Depuis plus d’une décennie, Drake est l’un des artistes les plus dominants de l’industrie musicale, enchaînant les succès entre rap introspectif et hits R&B planétaires. Pourtant, avec Honestly, Nevermind, il prend tout le monde à contre-pied : l’album s’éloigne largement du rap pour explorer un son house et dance music, influencé par des scènes électroniques qui lui étaient jusque-là étrangères.
Dès les premières notes de Falling Back, l’ambiance est posée : nappes de synthé planantes, beats deep house et voix autotunée noyée dans la reverb. Ce n’est pas le Drake habituel, et c’est précisément ce qui intrigue. Il s’aventure sur un terrain inattendu, un pari risqué lorsqu’on connaît l’attente de ses fans pour un retour aux sonorités hip-hop de ses débuts. Pourtant, cette prise de risque est maîtrisée. Plutôt que de s’éparpiller, il s’immerge complètement dans cet univers, porté par une production léchée.
Production, thèmes et atmosphères
La production de l’album est assurée par des figures majeures de la scène house, notamment Black Coffee, DJ et producteur sud-africain, mais aussi Gordo (ex-Carnage), Noah « 40 » Shebib et Tay Keith. Le résultat ? Une direction sonore fluide, immersive et taillée pour les nuits d’été.
L’album repose sur des rythmes répétitifs et hypnotiques, où les kicks house et les basslines profondes créent un effet de transe. Des morceaux comme Massive et Texts Go Green s’inscrivent parfaitement dans cet univers, avec des influences house et deep techno qui évoquent les clubs de Détroit ou Ibiza. À côté de cela, Sticky vient ajouter une touche Jersey club énergique, prouvant que Drake a fait ses devoirs en allant puiser dans des sous-genres pointus.
Côté paroles, Honestly, Nevermind reste fidèle aux thèmes chers à Drake : amour, regrets, solitude et nostalgie. Mais ici, la mélancolie s’exprime différemment, portée par des instrumentations minimalistes et des voix étouffées dans l’écho, renforçant l’impression de flottement et d’introspection.
Un album qui s’apprécie avec le temps
Si Honestly, Nevermind a d’abord divisé, c’est parce qu’il ne se consomme pas comme un album classique de Drake. Il ne cherche pas à aligner les tubes radio ou les punchlines marquantes. C’est une œuvre d’ambiance, un album qui s’écoute en entier, idéalement la nuit ou en bord de mer. Et c’est en cela qu’il trouve toute sa pertinence.
En prenant le risque de sortir de sa zone de confort, Drake montre qu’il n’est pas qu’un faiseur de hits, mais aussi un artiste capable d’expérimenter. Pour les fans qui ont adhéré à cette proposition, Honestly, Nevermind s’impose comme un album unique, qui ne ressemble à aucun autre dans sa discographie.
Et s’il y a bien une saison où il prend tout son sens, c’est l’été. Car que ce soit sur une route côtière ou en fin de soirée, rien ne vaut Honestly, Nevermind.
Le top 3 de Tracs Magazine
- Flight’s Booked
- Massive
- Texts Go Green
